11 octobre 2014

Nous voici donc à la veille de la fête de l'Aïd el Kebir, et pour tous ceux qui ont choisi de laisser le mouton (ou chèvre, ou vache) chez le vendeur, il est temps d'aller récupérer la bête.



Le Grand Abattoir de Casablanca

Il existe multitude d'endroits où acheter une bête dans Casablanca à cette période de l'année. Des marchés poussent un peu partout, prenant le pas sur les marchés traditionnels (viande, légumes, poisson), ou bien cohabitant tant bien que mal pendant quelques jours. Pour notre part, nous avons choisi le grand abattoir de Casablanca, qui pour l'occasion s'est transformé en énorme marché à bêtes vivantes!


Dès l'arrivée, nous sommes accueillis par une foule animée et bigarrée. Beaucoup de vendeurs ambulants profitent de l'occasion pour stratégiquement positionner leurs étales et attirer les acheteurs qui ont forcément les poches pleines de billets.

Voitures et camionnettes s'entremêlent et se croisent dans un joyeux tohu-bohu généralisé. Il faut avoir de la patience quand on vient par ici, mais aussi savoir jouer du coude, même avec une voiture.

A l'une des entrées de l'abattoir, Acheteurs et vendeurs s'interpellent, font de grands gestes pour signifier leurs mécontentement ou se prennent la main vigoureusement pour indiquer leur accord sur les modalités.

Accéder à la table ou sont assis les vendeurs se révèle être une gageure. Reconnaitre les vendeurs des clients et des commis encore plus. Avoir l'attention desdits vendeurs pour régler le restant du montant et obtenir enfin le fameux sésame est quasi impossible sans bousculer, hurler et se chamailler un peu, le tout dans la bonne humeur. C'est pour la grande fête, et il ne faut pas que cela gâche le plaisir d'aller acheter et chercher son mouton.

Récupérer votre mouton à l'abattoir de Casablanca

Une fois le reçu en poche, il est temps de récupérer la bête.  Si on a de la chance, et selon le vendeur avec qui on a eu affaire, le mouton peut très bien se trouver juste derrière la table ou l'on a réglé nos achats, dans une grande étable accueillant aussi bien vaches, chèvres et moutons.
Des commis s'occuperont de trouver et ramener votre prise de guerre jusqu'à votre véhicule. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne sont pas très tendre. Le mouton est vite repéré, trainé jusqu'à la porte et saucissonné à la plus belle manière cow-boy.


Si on n'a pas de pot, le mouton se trouve un peu plus loin, dans un local quelconque que le vendeur loue pour l'occasion, et transformé en étable. Rebelote, il faut repérer le mouton qui bien sûr se fait un malin plaisir de se planquer et de cacher la petite puce jaune à l'oreille qui l'identifie.

Et rebelote, il faut le trainer, le saucissonner et le monter dans la voiture. Le saucissonnage est important, sinon les vitres de la voiture risquent de voler en éclat devant les coups de massue que peuvent donner les moutons avec leurs cornes.





Combien coûte un mouton au Maroc ?

Grande question, et cela dépendra vraiment de votre ville, les prix variant assez, de votre tête et de vos dons de fin négociateur. Mais en général, au grand abattoir de Casablanca en 2014, cela se chiffrait au kg, et tournait autour de 50DH (5€) environ.
Sachant que tout est disponible, des petits de 30 kg au monstre dépassant les 100 kg.

Quel mouton choisir pour l'Aïd el Kebir au Maroc ?

Grande question, et il y aura autant de réponse que de personnes interrogées. Et nous en avons interrogés pas mal!
D'abord, il faut savoir qu'il existe plusieurs races de moutons, dont les plus répandus pour l'Aïd el Kebir, Le Sardi, à la tête blanche et le Bergui, avec une tête plutôt brune. Les gouts et les couleurs ne se discutent pas. Certains préfèrent le Sardi, à la viande plus tendre et moins grasse. D'autres préfèrent le Bergui, plus gras peut-être, mais beaucoup plus gouteux. En général, le Sardi est plus chère que le Bergui.

L'autre point à prendre en compte, c'est l'âge du mouton, qui se devine au nombre de dents!  Plus le mouton est jeune, et plus la viande sera tendre apparemment. Il faudra faire ensuite faire attention aux cornes du mouton, qui ne doivent pas être abimées.

Et on en fait quoi du mouton après ?

Haa! Il faut le ramener à la maison, ce qui se révèle souvent être tout une expédition. Rien au départ. Il faut commencer par leur trouver une petite place quelque part à la maison, et les installer confortablement avec foin et eau. Les cartons, c'est surtout pour faciliter le nettoyage après.

Dimanche sera le grand jour, et les moutons passeront de vie à trépas pour offrir nourriture et bonne ambiance à toute la famille. La suite au prochain épisode. Je n'ai pas encore décidé à quel niveau de gore je vais m'arrêter pour le texte et les photos :) l'avenir nous le dira!

2 Commentaires:

  1. C'est une fête certes mais pas celle du mouton !! Belles photos !
    JLH

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    1. Pas faux, en même temps, je n'ai jamais dis que c'était celle du mouton:)
      Ce n'est d'ailleurs pas comme ça que les l'appellent ici. C'est toujours l'Aïd al Kébir (la Grande Fête) ou l'Aïd el Adha (La fête du Sacrifice).
      Merci pour les photos, Lolo s'améliore de jour en jour!

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